Vendredi 24 novembre 2006
1. La presse rambolitaine s’est faite l’écho d’une délibération du dernier Conseil municipal visant à créer une « Maison de l’emploi » pour toute la circonscription du Sud Yvelines. Après s’être félicité du succès de la lutte contre le chômage, grâce à l’action du ministre de l’Emploi et avant de présenter ce projet, l’Adjoint au Maire, « délégué pour toutes les affaires concernant l'emploi et les relations avec les organismes professionnels » introduit cette délibération en rappelant qu’elle constitue un exemple positif et concret d’application sur le terrain du plan de cohésion sociale du gouvernement.
Selon cette délibération, l’objectif de cette « Maison de l’emploi », est de regrouper au sein d’une structure unique l’ensemble des acteurs de l’emploi, de renforcer leur lien au service du développement économique, de l‘accueil et de l‘accompagnement des demandeurs d’emploi et des créateurs d’entreprises. A priori favorables à ce point de l’ordre du jour, sa présentation nous est apparue soudain comme un exercice de communication dans lequel ce projet, n’était uniquement qu’un effet d’annonce destiné à mettre en valeur l’action contre le chômage du gouvernement et du ministre de l’Emploi et de lui attribuer les résultats de la baisse du taux de chômage dans le bassin de Rambouillet (- 21% entre juillet 2005 et juillet 2006).
Cette impression s’est renforcée quand il nous a été précisé que les « demandeurs d’emplois » n’auraient pas directement accès à cette structure. L’ANPE et les ASSEDIC, de plus en plus en concurrence pour le reclassement des chômeurs, conservaient leurs locaux, ainsi que leurs systèmes d’information difficilement compatibles. Ainsi, rien ne changerait, tout au moins à court terme, quant au parcours périlleux de ces « demandeurs d’emplois » pour obtenir leur inscription dans les fichiers de ces organismes : le guichet unique, que nous souhaitons, ne pouvant être envisagé qu’à une date ultérieure indéterminée…
Nous ne pouvons qu’être dubitatifs sur cette politique de cohésion sociale, notamment quand beaucoup de chômeurs sont rayés de l’ANPE, pour diverses raisons dont ils ne sont pas souvent ou toujours responsables. Cette baisse artificielle du chômage entraîne une hausse sans précédent du nombre des RMIstes. La presse locale ne constate-t-elle pas, dans un autre article, une forte baisse du chômage dans les Yvelines compensée par une augmentation sans équivalent des allocataires du RMI ?
Nous nous sommes donc abstenus sur cette délibération, considérant que la politique de « cohésion sociale » du gouvernement a accentué les inégalités en générant une nouvelle précarité du travail, dont le CNE en est encore l’un des symboles le plus évident.
2. Il n’aura pas échappé au lecteur attentif de cette tribune que la municipalité a choisi de communiquer sur l’ouverture du 3e département de l’IUT de Rambouillet (antenne de l’IUT de Vélizy) par le biais d’un droit de réponse qui met en cause notre information sur le sujet. En fait, cette affaire traduit bien la cacophonie qui règne en ce moment au sein du gouvernement.
Lorsque nous rédigeons notre tribune et la remettons pour le 10 juillet 2006 (à paraître dans le numéro du mois de septembre), le ministre a rendu officiellement par courrier un avis négatif à l’ouverture de ce 3e département. Cette décision est d’ailleurs annoncée le 4 juillet 2006 par la présidente de l’université de Versailles-Saint-Quentin lors de la réunion du Comité d’orientation de cet établissement que préside notre collègue Didier Fischer et où siège, entre autres, Monsieur le Maire de Rambouillet. Cet épisode ne peut donc être ignoré des signataires du droit de réponse qui ne s’honorent pas en le passant sous silence et tentent de faire croire que notre liste serait mal informée.
Plus sérieusement, un ministre peut ainsi prendre en l’espace de deux mois deux décisions contradictoires sur le même sujet.
Nous nous réjouissons évidemment pour notre commune et pour les étudiants qui suivront cette nouvelle formation qu’il soit revenu sur sa décision.
Joseph Lefoul, Didier Fischer, Julien Bonhomme.
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